Cancer du col de l'utérus

Le col utérin est la partie inférieure de l'utérus, qui s'ouvre dans le vagin. Le col possède une surface particulière, qui n'existe pas ailleurs dans l'utérus. Lorsque qu'un cancer du col se développe, c'est au niveau de cette zone, appelée zone de transformation. Le cancer du col est une maladie complètement différente des cancers que l'on peut retrouver ailleurs dans l'utérus.

Le cancer du col demeure, au niveau mondial, le deuxième cancer le plus fréquent chez les femmes. Il est diagnostiqué le plus souvent chez des femmes dans la quarantaine et la cinquantaine. Heureusement, grâce aux méthodes de dépistage et de traitement, le nombre de décès reliés à ce type de cancer a beaucoup diminué au Québec (et dans les pays industrialisés) au cours des dernières décennies.

Les précurseurs de cancer sont divisés en deux catégories : précancers légers et précancers sévères. La plupart (plus de 80%) des précancers légers disparaîtront par eux-mêmes. Par contre, puisque certains progresseront vers un stade de précancer sévère, on doit les surveiller attentivement. Près de 30% des précancers sévères progressent vers le cancer sur une période de 30 ans. Pour cette raison, ils doivent être traités. Les lésions précancéreuses ne produisent pas de symptômes. La seule façon de les déceler est de consulter un médecin afin que celui-ci effectue un test de dépistage. Différents traitements existent pour les lésions précancéreuses. Les femmes traitées conservent la possibilité d'avoir des grossesses.

QUELLES SONT LES MÉTHODES DE DÉPISTAGE DU CANCER DU COL ?

Un test de dépistage est un test qui permet de trouver une maladie avant qu'elle n'ait produit des symptômes. Il existe différentes façons de dépister les précancers et les cancers du col.

LA CYTOLOGIE

Le test Pap est présentement le test de dépistage recommandé pour identifier précocement les précancers et les cancers du col de l’utérus. Le test Pap a été mis au point dans les années ‘40, par le docteur George Papanicolaou, d'où le nom PAP.

Votre médecin effectue le test Pap au cours d’un examen gynécologique ou examen pelvien. Lorsqu’il (elle) insère le spéculum, la surface externe du col de l’utérus devient visible. Le revêtement du col est différent de celui du reste de l’utérus et cette particularité le rend susceptible à l’action de certains virus du papillome humain (VPH). Votre médecin connaît la zone du col à risque et effectuera le prélèvement à cet endroit. Il est préférable de ne pas avoir ses règles pour obtenir un prélèvement de qualité.

Le prélèvement s'effectue avec une spatule de bois, de plastique ou encore avec une petite brosse, est rapide et sans douleur. Le prélèvement permet d’obtenir des cellules qui sont immédiatement étalées sur une lame et traitées par un fixateur. Au laboratoire, la lame est colorée et les cellules examinées au microscope, à la recherche de signes de précancer ou de cancer.

Il existe une nouvelle technologie : « la cytologie en milieu liquide », peu disponible dans le réseau public. Les études les plus récentes et le plus complètes, n’ont pu établir la supériorité de cette forme de cytologie en comparaison avec la cytologie dite conventionnelle, en terme de détection de précancer sévère ou de cancer.

Le résultat que recevra votre médecin peut être dans les catégories suivantes : normal, équivoque (ASCUS), précancer léger (LSIL), précancer sévère (HSIL), ou cancer. En cas de résultat anormal, votre médecin vous indiquera s’il est préférable de répéter le test, de procéder à un test différent ou de procéder à un examen diagnostique.

Le premier test PAP devrait être fait à 21 ans. En l'absence d'anomalies, le test PAP pourra alors être fait à chaque 2 ans, ou selon les conseils de votre médecin.

Depuis quelques années, il existe une nouvelle forme de cytologie, appelée cytologie en milieu liquide (CML). Pour procéder à une CML, votre médecin prélèvera l'échantillon de la même façon, mais le déposera dans un tube contenant un liquide spécial, au lieu de l'étaler sur une lame. L'avantage de cette forme de cytologie est qu'elle donne des lames plus claires que les cytotechniciens peuvent lire plus facilement (Ils peuvent donc en lire plus dans une journée). De plus, dans le cas d'un résultat équivoque, un test VPH (voir prochaine section) pourra être fait sur le liquide restant, sans que vous ne soyez obligée de retourner chez votre médecin pour un second prélèvement. Par contre, il n'y a aucune évidence que cette cytologie soit « meilleure » que la cytologie conventionnelle pour identifier les précancers sévères et les cancers.

LA COLPOSCOPIE

L’examen diagnostique s’appelle une colposcopie. Cet examen permet de regarder le col à travers une lentille grossissante. On applique alors un peu de vinaigre (acide acétique à 5 %), ce qui permet de nettoyer les sécrétions et de mettre en évidence, lorsque présentes, des zones anormales. On emploie parfois, pour terminer, une solution faiblement iodée qui permet de préciser le contour des zones suspectes.

Le médecin pourra procéder dans certains cas à une biopsie (3 à 5 mm), de même qu’à un petit grattage de l'intérieur du col. Si ces prélèvements mettent en évidence un précancer sévère, votre médecin vous proposera un traitement qui permet d’enlever cette lésion. On estime qu’environ 30% des précancers sévères progresseraient vers un cancer sur une période de 30 ans. Le traitement permet d’éviter cette progression. Ce traitement peut consister soit en une congélation du col ou cryochirurgie, une vaporisation au laser, une exérèse à l'anse diathermique ou encore une exérèse au bistouri. L’efficacité des traitements est de 85-90%. Les complications sont rares, moins de 10%. Ces traitements n’ont pas d’impact sur la capacité à devenir enceinte. Par la suite, quelques contrôles sont suggérés pour s'assurer du succès du traitement.

LE TEST VPH

Le test VPH permet d'identifier de façon simple et sûre une infection à VPH au niveau du col utérin. Ce test s'effectue à peu près de la même manière que le test PAP : on prélève un échantillon cervical, qui est ensuite envoyé au laboratoire où on vérifie s'il contient des VPH oncogènes. Ce test est lu par un appareil automatisé. Le résultat transmis est le suivant : présence ou absence de VPH oncogènes. Il est à noter qu’il n’existe pas de test utilisé en clinique qui permet de détecter les VPH à faible risque.

Pour l'instant, on recommande l'utilisation du test VPH surtout pour le « triage » des cytologies équivoques. Si votre cytologie présente ce type de résultat (équivoque ou ASCUS), il existe trois possibilités pour le suivi :

  • Répéter le test PAP après six mois, et faire une colposcopie si le résultat est à nouveau équivoque ou anormal.
  • Subir immédiatement une colposcopie.
  • Faire un test VPH et passer une colposcopie uniquement si le test VPH est positif.

Plusieurs études ont montré que l'utilisation du test VPH après une cytologie équivoque permet de trouver plus de précancers, tout en minimisant les coloscopies chez les femmes ne présentant pas d'anomalies au niveau du col utérin.

Certains chercheurs et médecins croient que le test VPH pourrait être utilisé dans le dépistage en remplacement du test PAP ou avec le test PAP. Nous ne disposons pas de suffisamment d'évidence pour suggérer maintenant que le test VPH remplace la cytologie, toutefois l'addition du test VPH à la cytologie peut être considéré dans certaines circonstances.

Lorsque le test VPH est utilisé pour le dépistage, il ne devrait l'être que chez les femmes de plus de trente (30) ans. En effet, la majorité des infections par le VPH chez les femmes de moins de trente ans sont transitoires et sans conséquences. Si les résultats de test PAP et du test VPH sont négatifs, vous pouvez être rassurée que vous n'avez pas de précancer et il est possible de ne répéter le dépistage que dans 3-5 ans, ce qui peut être vu comme un avantage par certaines femmes.

Si le test PAP et le test VPH sont anormaux, votre médecin vous conseillera de passer une colposcopie. Si le test PAP est équivoque et le test VPH anormal, votre médecin vous conseillera également de passer une colposcopie. Si le test PAP est franchement anormal, votre médecin vous conseillera de passer une colposcopie, même si le test VPH est négatif.

Finalement, si votre test PAP est normal et que seulement le test VPH est positif, votre médecin vous conseillera de répéter les deux tests dans 12 mois. Si un des résultats est à nouveau anormal, il vous dirigera en colposcopie.



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