AOGQ - Association des obstétriciens gynécologues du Québec

15 Octobre 2011

Vaccin contre le virus du papillome humain

GardasilMD et CervarixMD
Deux vaccins contre les VPH sont disponibles au Canada : GardasilMD et CervarixMD.

Le vaccin GardasilMD protège contre quatre types de VPH, soit les 6, 11, 16 et 18. Il est indiqué pour les filles et les femmes âgées de 9 à 45 ans. Ce vaccin est aussi le seul à être indiqué pour les garçons et les hommes âgés de 9 à 26 ans. Il s’agit du vaccin actuellement offert gratuitement depuis 2008 dans le programme de vaccination du Québec. La gratuité est offerte pour les filles âgées de 9 à 17 ans et pour les femmes âgées de 18 à 26 ans qui sont immunosupprimées ou infectées par le VIH. Il protège tout particulièrement contre le cancer du col de l’utérus causé par les types de VPH 16 et 18 ainsi que contre les verrues génitales et anales (condylomes) causées par les types 6 et 11. Ce vaccin n’est pas offert gratuitement aux garçons.

Le vaccin CervarixMD protège contre deux types de VPH, soit le 16 et le 18. Il est indiqué pour les filles et les femmes âgées de 10 à 25 ans et n’est pas disponible gratuitement au Québec. Les deux vaccins contre les VPH sont sécuritaires. La majorité des réactions sont bénignes et de courte durée. De plus, les bénéfices dans la prévention des cancers et autres complications dépassent largement ces inconvénients.

Efficacité du vaccin

Protège contre certains cancers

La personne qui se fait vacciner contre les VPH se protège contre les infections causées par les types 16 et 18, responsables de 70 % des cancers du col de l’utérus de même que d’autres cancers associés aux VPH, tel celui de l’anus, du vagin et du pénis. Si une personne n’est pas déjà infectée par l’un des types de VPH contenus dans le vaccin, la protection contre les cancers du col de l’utérus causés par ces types de VPH est de près de 100 %. C’est pourquoi la vaccination est recommandée avant le début des relations sexuelles. On peut toutefois recevoir le vaccin après le début des activités sexuelles parce qu’il est peu probable que l’on soit déjà infecté par les différents types de VPH en même temps.

Le vaccin utilisé dans le programme de vaccination du Québec protège aussi contre les infections causant des verrues anales et génitales (condylomes) causées par les types 6 et 11. La plupart des personnes infectées par un VPH ne le savent pas parce que l’infection passe inaperçue, ce qui augmente les risques de transmission. Le vaccin est indiqué, même si une personne a déjà souffert d’une infection par un VPH, car une même personne peut contracter un VPH plus d’une fois ou différents types de VPH.

Les femmes vaccinées doivent continuer de passer un test de PAP pour le dépistage du cancer du col de l’utérus, car il faut se rappeler que la vaccination ne protège pas contre les types de VPH qui ne sont pas contenus dans les vaccins. Le vaccin est efficace et sécuritaire.

Nombre de doses nécessaires

Trois doses sont nécessaires pour obtenir une bonne protection. Dans le cadre du programme de vaccination des élèves en milieu scolaire, on utilise un calendrier allongé : deux doses sont administrées en 4e année du primaire, et la troisième dose en 3e secondaire. À l’adolescence et à l’âge adulte, elles sont administrées sur une période de six mois dans le but d’obtenir une protection rapide.

Le fabricant recommande un calendrier de vaccination unique, soit l’administration de trois doses sur une période de six mois. Les experts québécois jugent, quant à eux, que le calendrier allongé proposé en 4e année du primaire offrira une protection comparable au calendrier du fabricant. L’administration de la troisième dose en 3e secondaire a l’avantage supplémentaire d’assurer une protection optimale vers l’âge des premières relations sexuelles.

La protection du vaccin dure plusieurs années. Des études se poursuivent partout dans le monde pour évaluer la protection à long terme. Si nécessaire, une dose de rappel sera administrée plus tard pour que la protection soit maintenue.

Effets secondaires du vaccin

Le vaccin est sécuritaire et son administration entraîne peu d’effets secondaires. Il existe des moyens efficaces pour diminuer la douleur et l’inconfort ressentis lors de la vaccination. Parlez-en à la personne qui administre le vaccin.

Réactions possibles au vaccin

Les réactions possibles au vaccin sont :Ce qu’il faut faire :
  • De la douleur (50 % ou plus), de la rougeur, un gonflement (10 à 49 %), des démangeaisons (1 à 9 %) à l’endroit où l’injection a été faite.
  • Appliquer une compresse humide froide à l’endroit où l’injection a été faite.
  • Un mal de tête (50 % ou plus), une fièvre légère, des nausées, des vomissements, des étourdissements, de la diarrhée, des douleurs aux jointures (10 à 49 %).
  • Des malaises, des insomnies, des rougeurs sur la peau, de l’urticaire (1 à 9 %).
  • Prendre un médicament du type acétaminophène ou ibuprofène si la température est de 38,5 °C ou plus.
  • Consulter un médecin selon la gravité des symptômes.

Les symptômes ressentis après la vaccination ne sont pas nécessairement causés par les vaccins. Comme pour tout médicament ou produit biologique, une réaction allergique reste possible. Si une réaction allergique grave devait survenir, ce qui est très rare, elle débuterait dans les minutes qui suivent, et la personne qui administre le vaccin peut traiter cette réaction. C’est pourquoi il est recommandé de demeurer sur place au moins 15 minutes après l’administration du vaccin.

À ce jour, plus de 50 millions de doses du vaccin contre les VPH ont été administrées dans le monde. Les données actuelles montrent que les mêmes effets secondaires inhabituels avaient déjà été observés dans les études scientifiques antérieures, lesquels sont bénins dans la plupart des cas.

Au Québec, il existe un système de surveillance des effets secondaires reliés à la vaccination, et ce, pour tous les vaccins utilisés. Tout vaccinateur est tenu de déclarer les effets indésirables constatés à la suite de l’administration d’un vaccin.

La majorité des effets secondaires rapportés sont de gravité légère à modérée et consistent surtout en des manifestations cliniques de type allergique ou en des réactions locales (douleur et œdème) au site de l’injection.

Plusieurs autres pays recueillent aussi des données sur les effets secondaires et la sécurité des vaccins. Ils présentent notamment une information mise à jour régulièrement en ce qui a trait au lien entre les vaccins et les effets indésirables graves et les décès. À ce jour, aucun lien n’a été établi entre les vaccins contre les VPH et certaines maladies graves ou le décès.

 

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