|
|
29 Mai 2010 |
![]() |
Épidémie d'infections transmissibles sexuellement et par le sang: Où en sommes-nous dans la région de la Capitale-nationale?
Québec, le 27 mai 2010 - Depuis dix ans, les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) sont en recrudescence dans la région, comme dans l'ensemble du Québec. Cette situation est particulièrement préoccupante, d'autant plus que les personnes infectées n'ont souvent aucun symptôme et peuvent ainsi transmettre l'infection sans même le savoir. De plus, les complications potentielles de ces infections sont graves et comprennent l'infertilité, la cirrhose du foie et les cancers. Les jeunes de 15 à 24 ans constituent un groupe particulièrement touché par ces infections pourtant évitables.
Les ITSS dans la région de la Capitale-Nationale
La hausse observée est particulièrement marquée en ce qui concerne la chlamydia, la gonorrhée et la syphilis :
- En 2009, 1 370 cas de chlamydia ont été déclarés à la Direction régionale de santé publique. Il s'agit d'une augmentation de 70 % par rapport aux 801 cas déclarés en 2000.
- Le nombre de cas de gonorrhée a doublé en dix ans et 70 cas ont été rapportés en 2009. Depuis le début de 2010, déjà une quarantaine de cas ont été déclarés, ce qui laisse entrevoir une hausse marquée pour l'année en cours si la tendance se maintient.
- Alors qu'aucun cas de syphilis n'était déclaré dans la région au tournant des années 2000, le nombre de cas augmente depuis quelques années. Le nombre de cas de syphilis contagieuse est passé de 11 en 2007 à près de 40 en 2009. Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes sont particulièrement touchés par cette infection.
Pour l'hépatite C, la situation régionale demeure préoccupante puisqu'environ 150 cas sont déclarés annuellement. De la même manière, environ 30 nouveaux cas touchés par le v (VIH) sont diagnostiqués chaque année dans la région. Les infections causées par le virus du papillome humain et l'herpès continuent aussi à se propager.
La fréquence des ITSS dans la région est généralement comparable ou inférieure à celle que l'on observe dans la province. Toutefois en 2009, près de 6 cas de syphilis contagieuse par 100 000 personnes ont été déclarés dans la région par rapport à 4,5 par 100 000 dans la province.
Toutes les personnes sexuellement actives sont potentiellement à risque de contracter des infections transmises sexuellement. Parmi les groupes particulièrement touchés par l'épidémie actuelle, c'est chez les jeunes de 15-24 ans que se retrouvent les deux tiers des cas de chlamydia et la moitié des cas de gonorrhée déclarés dans la région en 2009. D'autres groupes sont également touchés par les ITSS : les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, les utilisateurs de drogues par injection, les travailleurs et travailleuses du sexe et les personnes incarcérées, notamment.
Les activités régionales de prévention des ITSS
Rappelons que les ITSS sont pourtant des infections évitables. Il existe plusieurs moyens efficaces d'en prévenir la transmission : l'utilisation du condom; l'utilisation du matériel stérile d'injection, d'inhalation, de tatouage ou de perçage; les vaccins contre les virus de l'hépatite B et du papillome humain; le dépistage précoce; le traitement contre le VIH pour les femmes enceintes; sans compter les autres traitements pour guérir les infections ou réduire la réplication du virus.
Face à ces constats, plusieurs actions concrètes de prévention des ITSS sont aujourd'hui réalisées dans la région, notamment les activités d'éducation à la sexualité dans les écoles, la distribution de matériel de protection (condoms, matériel stérile d'injection, etc.) et l'offre de dépistage dans les CLSC, les cliniques jeunesse, les organismes communautaires, les cliniques médicales, et autres milieux d'intervention.
Mentionnons également que depuis l'automne 2008, une formation sur les ITSS a été offerte à près de 175 infirmières et 90 médecins de la région. De plus, les enquêtes auprès des cas de chlamydia ont été menées de manière systématique dans le but de briser la chaîne de transmission et de prévenir les complications de l'infection. Ceci se concrétise par la communication par les infirmières ou par la personne infectée envers tous les partenaires de celle-ci, afin que ces personnes puissent se faire dépister et ainsi recevoir les traitements appropriés.
Cependant, ces actions devront être renforcées dans les années à venir afin de lutter encore plus efficacement contre les ITSS. Il s'agira notamment de :
- Poursuivre et renforcer la formation des professionnels de la santé sur les ITSS;
- Intensifier les activités d'éducation à la sexualité auprès des jeunes en milieu scolaire et en milieu jeunesse;
- Renforcer l'offre de services de prévention et de dépistage des ITSS par des intervenants travaillant dans les milieux à proximité des clientèles les plus vulnérables;
- Améliorer l'accès au matériel de protection tel que les condoms et le matériel stérile d'injection.
Il est donc possible d'agir sur plusieurs fronts. La prévention des ITSS est l'affaire de tous, tant des individus que du réseau de la santé et des groupes d'intérêt. Les solutions s'appuient sur une plus grande sensibilisation et sur la promotion de comportements sexuels sécuritaires, pour stopper la propagation. C'est ensemble que nous pourrons renverser la tendance actuelle.
Pour plus d'informations :
Pierre Lafleur
Directeur régional de la planification, des affaires
corporatives, des communications et de l'Infocentre
Agence de la santé et des services
sociaux de la Capitale-Nationale
418 525-1452

![]() |
Vous cherchez un spécialiste dans votre région ? Plus de détails... |
![]() |
Liens externes
- Collčge des médecins du Québec
- Fédération des médecins spécialistes du Québec
- Société des obstétriciens et gynécologues du Canada
- Association des Médecins de Langue Française
- Régie de l'Assurance Maladie du Québec (RAMQ)
- Santé Canada
- Ministčre de la Santé et des Services Sociaux
- Organisation Mondiale de la Santé
- Fédération Internationale de Gynécologie et d'Obstétrique
- Femi Web
- L'Univers de la Santé de la Femme
- La Gynécologie Obstétrique sur le Web






